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La collection phonographique bruxelloise du MIM (1900-1908)

Inventaire des cylindres de phonographe 1960.1508/1-4, 1960.1509/1 et 1960.1510/1-23

La collection phonographique « bruxelloise » du MIM regroupe des enregistrements sur cylindre de cire, commerciaux ou domestiques, produits entre 1900 et 1908 à Bruxelles et ses environs. On ne connaît hélas ni la provenance de l’ensemble ni l’origine de son arrivée au MIM. Oubliés dans les réserves du musée, ces cylindres sont restés muets pendant plus d’un siècle. Leur récente numérisation a permis de révéler les sons du passé gravés dans leurs sillons.

Le répertoire oscille entre airs célèbres d’opérette ou d’opéra-comique réarrangés pour voix et piano ou pour fanfare, pots-pourris, marches, polkas, sonneries militaires, chansons patriotiques, comiques ou légères, et saynètes grivoises. Grâce à l’hétérogénéité des sources, on en découvre un peu plus sur l’activité phonographique foisonnante bruxelloise au tournant du siècle : un label « New Excelsior Record », aujourd’hui inconnu, qui reprend le catalogue Pathé ; un revendeur installé boulevard Anspach, le « Comptoir Général des Machines Parlantes de Bruxelles », qui grave des cylindres avec son propre orchestre. On découvre également l’esprit des débuts de l’interaction du public avec cette technologie naissante grâce aux enregistrements amateurs faits maison. Parmi ceux-ci, certains ont été réalisés sur des cylindres achetés vierges, d’autres ont été gravés en fin de cylindre commercial, dans les quelques millimètres laissés libres. On y trouve un chant traditionnel flamand des faubourgs de Bruxelles, sans doute l’un des plus anciens au monde, des vœux d’anniversaire, des applaudissements et hourras de groupes de famille et d'amis s’amusant… et peut-être même le premier karaoké enregistré de l’humanité sur la Brabançonne ? Peu valorisés, les enregistrements amateurs ont souvent été abandonnés, jetés ou rabotés afin de réutiliser une sous-couche de cire. Il faudra du temps avant de reconnaître leur valeur en tant qu’artefacts anthropologiques, ce qui rend cette collection particulièrement unique et précieuse.

Nos remerciements à Géry Dumoulin (MIM) pour son aide à l’identification de certaines musiques, à Wim Bosmans (MIM) pour son aide à la transcription du chant flamand, et à Henri Chamoux (LARHRA) pour son aide et ses avis techniques.