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théorbe

cordophone

Le théorbe est un instrument à cordes pincées dont la caisse de résonance est semblable à celle d'un luth, mais dont le manche est considérablement plus long et muni d'un double chevillier. Les cordes mélodiques, que le musicien peut raccourcir à l'aide de la main gauche, aboutissent sur le premier chevillier. Le second chevillier sert de point d'attache pour des cordes graves, qui sont jouées à vide. Ces cordes, qui sont beaucoup plus longues que les cordes mélodiques, sont appelées « diapasons ».

Le théorbe est une invention italienne de la fin du xvie siècle. L'instrument fut parfois utilisé de manière soliste, mais au xviie siècle, il servit aussi régulièrement à l'exécution de la basse continue, un accompagnement harmonique propre à la musique baroque. 

Le théorbe est parfois appelé chitarrone (ce qui signifie littéralement : « grande guitare »), surtout lorsqu'il est pourvu d'un manche particulièrement long comme celui de l'instrument illustré ci-dessous. Certains chercheurs ont pensé que ces deux termes désignaient des instruments distincts, mais dans l'état actuel des connaissances, cette hypothèse ne se justifie pas.

Le théorbe inv. no 0255 porte une étiquette sur laquelle figure la mention « Matteo Sellas alla Corona / in Venetia ». Sellas était un luthier vénitien actif durant la première moitié du xviie siècle.

La hauteur totale de l'instrument est d'1,76 m. Le manche et la touche sont en amourette et incrustés de filets d'ivoire ou plus probablement d'os. Le premier chevillier accueille cinq chœurs de deux cordes et une chanterelle simple, tandis que le second chevillier supporte huit cordes simples. La caisse de résonance du théorbe est constituée de 31 côtes bicolores en if, taillées à cheval sur l'aubier et le duramen ; la table en épicéa est percée de trois roses.

Victor-Charles Mahillon, le premier conservateur du musée, acheta l'instrument en 1878 au peintre italien Vincenzo Capobianchi (1836-1928), qui s'en était servi comme élément de décor dans un tableau intitulé Le magasin de mandolines.

Sur ce même tableau figure d'ailleurs un autre instrument de nos collections, la mandoline basse inv. no 254 de Giovanni Storino, qui date de 1725. Cet instrument appartenait également à Capobianchi et arriva au musée en même temps que le théorbe.

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Images: 
théorbe
théorbe
théorbe
cordes doubles et simples
3 roses
initiales "M S"
"Le magasin de mandolines", Vincenzo Capobianchi (1836-1928)