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tampura

cordophone

La tampura (parfois orthographiée tanpura, tambura, tamburi ou tampuri) est un instrument très répandu en Asie : il s'agit d'un instrument à cordes de type « luth », qui comporte donc d'une caisse de résonance et d'un manche, comme une guitare occidentale. Cependant, une différence fondamentale peut être observée par rapport à la guitare : l'instrument n'est pas conçu pour qu'on puisse poser les doigts sur les cordes le long du manche. Dès lors, seuls les sons produits par les cordes à vide (4 ou 6 selon les instruments) peuvent être produits. Pour cette raison, la tampura est appelée un instrument-bourdon. 

La tampura joue un rôle fondamental dans la musique de l'Inde, du sud (carnatique) et du nord (hindoustanie). En effet, la théorie et l'esthétique musicale de l'Inde, qui sont d'origine très anciennes, considèrent que certaines notes sont plus importantes que d'autres et qu'elles doivent donc être jouées en permanence, de manière à constituer un « tapis sonore ».  Sur cette base acoustique, un(e) autre musicien(ne) va élaborer la mélodie à l'aide d'un instrument, ou de sa voix. Ce sont donc ces notes importantes, basiques, que la tampura va produire sans s'arrêter, pendant toute la performance. Les cordes de l'instrument sont donc accordées sur la note de base ou tonique (appelée le « Sa ») et la quinte (appelée le « Pa »), la quarte (« le Ma ») ou la septième (le « Ni »). Le choix de l'autre note que la tonique dépend du rag (« mode »)que le/la soliste va choisir.  Le/la joueur(se) de tampura joue donc de manière continue, sans se préoccuper du rythme : il égrène une à une les cordes de son instrument. Comme la résonance des sons produits est très longue, le résultat est un continuum sonore qui évolue dans le temps, mais ne s'éteint jamais.

La longue résonance des cordes de tampura est due à la forme particulière du chevalet de l'instrument. Ce chevalet, appelé jawari (« qui donne la vie au son »), est large et curviligne. Cette forme spécifique a pour conséquence de provoquer un « rebond » régulier de la corde sur le bord inférieur du chevalet et donc, en un sens, d'entretenir la vibration. Ce rebond génère aussi un enrichissement spectral considérable du timbre du son. Au niveau perceptif, ce timbre très riche et très harmonique est perçu par l'oreille humaine comme comportant un grésillement et sont aussi nettement mieux audibles. Le chevalet de la tampura prolonge aussi l'intensité et la durée des sons produits.

La forme particulière du jawari nécessite une maintenance régulière : les musiciens ou les facteurs doivent régulièrement ajuster cette dernière en ponçant la surface à l'aide de papier de verre. L'effet peut également être renforcé par l'insertion de fils de coton entre le chevalet et la corde, de manière à surélever légèrement celle-ci. Plusieurs types de tampura existent : les instruments « mâles » (destinés à accompagnér la voix chantée masculine, ce sont des instruments de grandes dimensions), « femelles » (qui accompagnent les voix féminines et sont plus petits que les mâles) et « instrumentaux ». Ces derniers accompagnent les instruments mélodiques comme le sitar, le sarod, le sarangi, le shehnai, etc. Ils se caractérisent par l'absence de caisse de résonance : l'instrument est tout-à-fait plat !

Depuis près d'un demi-siècle, on peut observer une tendance à l'automatisation du rôle de la tampura : comme l'instrument ne nécessite aucune compétence particulière, de nombreux dispositifs ont été développés pour le remplacer : depuis la sruti box, sorte de tampura mécanique qui est en réalité un harmonium (petit orgue portatif) sans clavier, jusqu'à la tampura électronique, sans oublier les applications plus récemment développées pour smartphones et/ou tablettes !

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Images: 
1974.021-14
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Aniruddha Bhattacharya Tampura Calcutta
chevalet de tampura
tampura digitale
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