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morin khuur

cordophone

La morin khuur  « vièle à tête de cheval » est une grande vièle à deux cordes, emblématique de la Mongolie.

Le manche surmonté d'une tête de cheval sculptée comporte aussi souvent la silhouette d'un dragon. Le manche traverse la caisse de résonnance trapézoïdale couverte d'une table d'harmonie en peau, souvent peinte en vert et décorée de motifs  colorés. Deux longues chevilles, qui complètent l'esthétique du manche, tendent les cordes de crin. On construit désormais des caisses de résonnance entièrement en bois avec des ouïes, et le crin peut être remplacé par une matière synthétique.

La musique mongole, comme celle de la plupart des peuples d'Asie orientale, est basée sur une échelle pentatonique (de cinq notes)  sans demi-tons.

Les cordes sont accordées à la quarte ou à la quinte. Elles sont raccourcies avec l'ongle ou la chair des doigts sans appuyer la corde sur le manche. Le musicien ajuste avec la main la tension de la mèche de l'archet qui est lâche au repos.

La Mongolie connaît d'autres vièles, parmi lesquelles certaines sont proches de la morin khuur. D'autres, à deux ou quatre cordes avec une petite caisse de résonnance et un archet prisonnier entre les cordes, s'apparentent à des instruments présents en Chine.

La musique mongole, musique d'un peuple de pasteurs nomades vivant isolés dans de grands espaces, fait une grande place au chant et à la littérature orale, souvent accompagnés à la vièle. La morin khuur, instrument d'homme, peut aussi accompagner des danses et possède un répertoire solo. S'inspirant du monde où elle naît, la musique évoque la nature et le quotidien des nomades : le rythme évoque souvent les différentes allures du cheval. Une pratique originale attestée dès le XVIIIe s. et illustrée dans le film L'histoire du chameau qui pleure (Byambasuren Davaa, 2003) consiste à jouer de la vièle à une chamelle pour la pousser à allaiter un petit qu'elle a rejeté.

La musique de morin khuur a été inscrite en 2008 par l'UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Le mim a reçu en 2015 un important don de 37 instruments provenant de Mongolie (dont 9 instruments rituels fabriqués au Népal mais utilisés en Mongolie). Ces instruments sont  accompagnés d'une très riche collection d'enregistrements de terrain, de disques, de photos,  de livres et de partitions consacrés entièrement à la musique mongole, qui sont conservés à la bibliothèque du mim sous le nom de « Fonds Alain Desjacques ».

Ces collections sont le fruit des nombreux séjours de recherche effectués par Alain   Desjacques en Mongolie depuis 1983. Cet anthropologue français, enseignant à l'Université de Lille III, nous a fait l'honneur de choisir le mim pour conserver sa collection et la rendre aisément accessible aux chercheurs.

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Images: 
morin khuur
morin khuur
morin khuur
morin khuur
morin khuur
ébauche sculpture manche 1984 (c)Alain Desjacques
1ière position (c)Alain Desjacques
série de têtes de cheval (c)Alain Desjacques