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Hanske knap

idiophone frappé

En de nombreux lieux d'Europe existe une tradition de masques animaliers, dont la mâchoire inférieure claque contre la mâchoire supérieure. Ces têtes d'animaux « claquantes » jouent un rôle essentiellement dans des événements liés aux traditionnelles fêtes calendaires. En Belgique par exemple survit la tradition du knaptand de Termonde (voir l'instrument du mois 02.2012), ainsi que le hanske knap des Polders anversois, qui accompagne les chants de quête lors du « Lundi perdu » ou « parjuré » (le lundi après la Fête des Rois).

La tradition du hanske knap fut décrite pour la première fois en 1891, mais elle est bien plus ancienne. Au vingtième siècle elle était toujours connue dans les villages de  Lillo, Stabroek, Zandvliet et Berendrecht, dans les Polders anversois, mais peut-être également en Campine anversoise du Nord. Actuellement, elle n'est plus honorée qu'à Zandvliet et Berendrecht.

Le hanske knap est fait dans un grand sabot dont on scie la première moitié de la semelle, ensuite remise en place par deux bandes de cuir ou de caoutchouc, qui font office de charnières. Au centre de cette partie ainsi mobile est attachée une corde, qui passe à travers le sabot et ressort au-dessus du talon (voir schéma).

Une traction sur la corde permet de faire claquer la mâchoire inférieure en rythme avec le chant de quête, moitié chanté, moitié psalmodié. L'extrait sonore enregistré à Zandvliet en 1989 raconte ceci :

Hanske knap, boven alle stuiverkes! (Hansk knap, sortez toutes les petites pièces!)                                                               

't Is om Hanskes baordjen af te doen. (C'est pour couper la barbe de Hanske)                 

 't Is in giën zes, zeuven jaor miër afgedaon. ( Elle n'a pas été coupée pendant six, sept ans)                                                              

 Ho Hans, ho Hans! Steekt een duitjen in den Hans. (Ho Hans, ho Hans! Glissez une pièce dans le Hans)     

Ho Hans, ho Hans, ho Hans!                                                                                                                                                                                                  

Pour que le sabot ait l'aspect d'une tête d'animal, il est souvent revêtu d'une peau de mouton ou de lapin, comme l'exemplaire de Berendrecht, collecté en 1963 (inv. 3960). L'intérieur de la mâchoire inférieure est décoré d'un tissu rouge, représentant la langue. Souvent on y ajoute également une longue barbe. Actuellement, le sabot est souvent peint.

À l'origine, le hanske knap était un masque complet : le musicien était entièrement revêtu d'un grand sac, exactement comme le knaptand de Termonde. À la fin du dix-neuvième siècle, le « Hans » était en effet décrit comme une sorte d'animal sauvage. Il était mené, à l'aide d'une corde ou d'une chaîne, par deux chanteurs au visage barbouillé et armés d'un bâton. Après le chant, il faisait une série de bonds furieux, sautant en rond, jusqu'à ce que ses meneurs le neutralisent par leurs cris « Hou, Hans! Hou, Hans!" Alors, sur l'ordre  "Hans, bidden!" (Hans, prie !), il ouvrait grand sa gueule. On y mettait alors de l'argent ou de la nourriture (pain aux raisins, saucisse, lard, côtelettes, oreilles ou pieds de porc). Puis sur l'ordre "Hans, spuw uit!" (Hans, crache !), il laissait tomber le cadeau dans les mains d'un des meneurs. Après le tour, le butin était préparé et mangé dans une auberge. Vers 1900, les chanteurs étaient des garçons plus âgés, issus des milieux populaires. Mais dans les années 1920-1930, garçons et filles de toutes les classes sociales participaient, recevant encore de l'argent ou des bonbons.  

Au cours du vingtième siècle, le costume fut de plus en plus souvent négligé. C'est surtout à partir des années 1960 que la tradition se mit à reculer à vue d'œil. En 1989, Zandvliet ne possédait plus qu'environ cinq groupes. Seules quelques chanteurs continuaient à se barbouiller de noir. Très peu portaient encore un sac en toile de jute replié vers l'intérieur pour leur servir de capuche.  

Lors du Lundi perdu 2017, les chanteurs étaient essentiellement des sympathisants du F.C. Berendrecht Sport. Vêtus de la tenue du club, ils firent le tour du village avec le hanske knap, au profit de l'équipe de football junior. Il y avait encore deux filles de dix ans, vêtues selon la tradition.  

Wim Bosmans 

Media
Images: 
Hanske Knap  Berendrecht, Antwerpen, ca. 1950
hanske knap dessin
Zandvliet, 1989 P. Van Linden & P. Kouwenberg (photo S. Guilliams)
Zandvliet, 1989, K. Dingemans, B. Van Dorst & R. Daens (photo S.Guilliams)
Zandvliet-Berendrecht, 2017, L. van Wellen & A. Struyf  (photo Staf De Lie)
Berendrecht, 2017, supporters voetbalclub Berendrecht Sport (photo Staf De Lie)