PrintEnvoyez la page

Bugle Oiram

aérophone

Le bugle appartient à la famille des cuivres à perce conique et large. On le classe parmi les « labrosones » ou aérophones à anches lippales, ce qui signifie qu'il est joué à l'aide d'une embouchure sur laquelle le musicien fait vibrer ses lèvres afin de mettre en vibration la colonne d'air. Il possède trois pistons. Le bugle fait partie de l'équipement de base du trompettiste quoique certains instrumentistes n'hésitent pas à se spécialiser dans son jeu. S'il est présent dans les brass bands et, surtout, dans les orchestres de fanfare où il joue un rôle de premier plan, le bugle fait merveille en jazz, où ses qualités lyriques et sa sonorité chaude sont mises à l'honneur. Mais il peut aussi devenir agile et volubile à souhait.

Le clairon (« bugle » en anglais) est l'ancêtre le plus direct du bugle. Sans clefs ni pistons, il ne peut produire qu'une série limitée de notes. Afin de rendre le clairon entièrement chromatique et donc de pouvoir jouer toutes les notes d'une gamme, des trous de jeu munis de clefs lui sont ajoutés en 1810. Le cor ou bugle à clefs, comme on l'appelle alors, jouit rapidement d'une grande vogue qui durera une vingtaine d'années. Après l'avènement des pistons, le bugle acquiert sa configuration actuelle, même si Adolphe Sax le modifiera pour créer, vers 1843, le saxhorn contralto en si bémol avec son pavillon vertical. Vers la fin du xixe siècle, le bugle finit par se normaliser et la forme au pavillon dirigé vers l'avant, comme la trompette, est privilégiée. Au cours du xxe siècle, des variantes mineures voient encore le jour.

L'une des évolutions les plus récentes (2005) dans le design du bugle est due à la collaboration entre un architecte belge, Mario Garzaniti, et un facteur d'instruments néerlandais, Hub van Laar. Mario Garzaniti est notamment connu à Bruxelles pour un édifice résolument moderne, situé Place Liedts, dont la façade en acier Corten ne laisse personne indifférent. L'architecte liégeois, lui-même bugliste amateur, a donné au bugle un design épuré où chaque élément a été repensé, les artifices esthétiques évités et l'ergonomie améliorée. Le trajet de l'air est rendu extrêmement fluide et les points structurels sont disposés d'une nouvelle manière, leurs emplacements étant agencés comme on calcule la répartition des charges dans l'ossature d'un bâtiment. Ainsi, le corps du troisième piston est allongé afin de placer des renforts en des points précis. Détails parmi d'autres, les boutons des pistons s'intègrent parfaitement aux chapeaux supérieurs, les chapeaux inférieur et supérieur sont intégrés au corps du piston et la vis de serrage du ton coulissant prend la forme d'un robinet industriel. Hub van Laar a géré quant à lui la facture proprement dite et les paramètres acoustiques liés à la perce de l'instrument. Celui-ci porte le nom de modèle « Oiram » (Mario à l'envers) et est décliné en plusieurs versions. De grands noms du jazz jouent actuellement de ce modèle particulier, comme Ibrahim Maalouf, Paolo Fresu, Arturo Sandoval, Stéphane Belmondo, Ack van Rooyen, Alex Tassel, Luca Aquino et, en Belgique, on le retrouve aux lèvres de Greg Houben, Olivier Bodson, etc.

Géry Dumoulin

 

 

Media
Images: 
Bugle en si bémol, modèle Oiram « Ack », H. van Laar & M. Garzaniti, Margraten
Bugle en si bémol, modèle Oiram « Ack », H. van Laar & M. Garzaniti, Margraten
Bugle en si bémol, modèle Oiram « Ack », H. van Laar & M. Garzaniti, Margraten
Bugle en si bémol, modèle Oiram « Ack », H. van Laar & M. Garzaniti, Margraten
External Video
See video
See video
See video